Placement en EHPAD : qui décide ? Quelle procédure ?
Quand le maintien à domicile n'est plus possible
Chaque année, près de 90 000 personnes âgées entrent en EHPAD, d’après la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, 2023). La question du choix se pose alors, en particulier pour les personnes sous tutelle.
- Le tuteur ne peut pas décider seul du placement en EHPAD.
- La loi (article 459-2 du Code civil) est claire : le tuteur doit rechercher, autant que possible, l’accord de la personne protégée.
- Si cette dernière ne peut pas donner son avis (altération grave des facultés), le tuteur doit recueillir l’avis des proches (famille, amis, ancien médecin traitant, etc.).
Rôle du juge des contentieux de la protection
Sauf urgence médicale, le tuteur a l’obligation de saisir le juge pour toute décision de changement de lieu de vie si la personne protégée ou sa famille s’y opposesource : Legifrance.
- Le juge peut autoriser ou refuser le placement en EHPAD.
- La personne protégée doit pouvoir exprimer son souhait, par tous moyens (même non verbaux).
- La famille peut être entendue et donner son avis.
Un rapport de la Cour des comptes (2021) souligne que « la majorité des placements en établissements sous tutelle sont préalablement validés par l’entourage familial ou sont le seul recours possible suite à dégradation de la santé ». Pour autant, chaque situation reste individuelle, et un tuteur n'a jamais la main libre pour imposer un placement : il doit prouver l’intérêt et la nécessité (sécurité, santé, isolement, etc.).