La curatelle : accompagner sans substituer, une protection sur-mesure
La curatelle se distingue par sa souplesse : le majeur conserve l’exercice de ses droits civiques et peut gérer seul les actes dits “d’administration” (payer le loyer, les factures...), mais doit obtenir l’accord du curateur pour les actes dits “de disposition” (vendre une voiture, contracter un prêt, donner une somme importante).
- Curatelle simple : Aide limitée, la personne peut agir seule dans la plupart des cas, sauf pour les actes importants.
- Curatelle renforcée : Le curateur gère les ressources, paie les factures, redistribue l’argent de poche. C’est indiqué si de mauvaises habitudes de gestion financière sont constatées.
- Curatelle aménagée : Sur-mesure, le juge peut dresser une liste précise d’actes pour lesquels l’aide est requise. Parfois utilisée pour “ajuster” au fil de l’évolution de l’état de santé.
La curatelle, souvent choisie pour des pathologies évolutives ou modérées (début de maladie neurodégénérative, troubles psychiatriques stables…), laisse une marge de manœuvre tout en sécurisant les intérêts de la personne. Selon la DREES, plus de 60% des mesures de protection en cours en France relèvent de la curatelle, ce qui témoigne de son adaptation à de nombreuses situations.
Le juge peut à tout moment alléger (retour vers une sauvegarde de justice si la situation s’améliore) ou alourdir la protection (vers la tutelle), sur avis médical qualifié. Il existe un droit à l’autonomie : depuis la réforme de 2007, la privation de certains droits (notamment droit de vote) n’est plus automatique, mais décidée au cas par cas.