Pourquoi parle-t-on autant de dispositifs connectés pour les personnes âgées ?

Selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), 16 % de la population française a plus de 65 ans en 2023, et ce taux devrait continuer d’augmenter. Avec l’avancée en âge vient souvent une perte d’autonomie et un risque d’isolement accru. Les dispositifs connectés promettent de sécuriser le domicile, rassurer les familles, prévenir les chutes, voire détecter plus rapidement des situations à risque (CNSA, Rapport Autonomie 2030).

Pourtant, le taux d’équipement reste faible : d’après la Fédération Française de Téléassistance, environ 12 % des plus de 65 ans sont équipés d’un système de téléassistance en France (2023), un chiffre qui montre l’importance du travail d'accompagnement pour lever freins techniques, psychologiques et sociaux.

De quoi parle-t-on ? Les dispositifs connectés en question

Chaque solution répond à des besoins spécifiques : sécurité, santé, maintien du lien social ou autonomie. Mais peu de personnes âgées franchissent seules le pas de l’installation. C’est là que l’entourage devient essentiel.

Proches et aidants : qui sont-ils ? Quelle est leur implication ?

Selon la DREES (Études & Résultats 2021), 9,3 millions de Français accompagnent régulièrement un parent, un proche ou un voisin âgé. Parmi ces « aidants », la plupart (58 %) s’occupent d’un parent, la moitié vit proche du domicile de la personne aidée.

Le quotidien de l’aidant oscille entre accompagnement médical, démarches administratives, et, de plus en plus, médiation avec les nouvelles technologies. Les proches, quant à eux, jouent souvent un rôle de « facilitateur », surtout lors des moments charnières (retour d’hospitalisation, chute, entrée en perte de mobilité).

Préparer l’installation : comprendre, choisir, rassurer

1. Prendre le temps de l’écoute

Un dispositif non compris ou vécu comme intrusif risque d’être rejeté, voire ignoré – d’où l’importance de démystifier l’objet dès le départ. Les aidants peuvent, par exemple, organiser une démonstration à domicile ou demander une présentation par un professionnel (réseau local, fournisseur, centre communal d’action sociale).

2. Choisir l’appareil adapté : prioriser l’usabilité

Une mauvaise adéquation entre le besoin réel et l’objet connecté entraîne une sous-utilisation. L’avis des aidants et des proches, souvent plus à l’aise avec ce type de matériel, est précieux pour anticiper ces points.

Installation pratique : de la technique à l’accompagnement émotionnel

1. Préparer le domicile et l’environnement

Le rôle du proche-aidant est également de signaler à l’installateur toute spécificité du logement (animaux domestiques, mobilité réduite, etc.).

2. Prendre le temps de la démonstration

Selon l’enquête Cap Retraite 2022, 41 % des personnes âgées abandonnent un dispositif connecté dans les 6 mois s’il n’y a pas eu d’accompagnement suffisant à l’installation.

Le suivi : rester un soutien après la pose du dispositif

1. Être un relais en cas de panne ou de difficulté

L’enquête Dossier Familial (2023) souligne que la moitié des personnes âgées hésitent à signaler une panne par peur de paraître « dérangeantes ». La bienveillance du proche est alors un rempart contre le découragement.

2. Rappeler régulièrement les bénéfices

3. Réadapter si besoin les usages

Valoriser la dimension humaine : le dispositif au service, pas en remplacement du lien

L’introduction d’un dispositif connecté n’a de sens que s’il vient compléter, et non remplacer, la présence humaine. De nombreux témoignages, notamment ceux recueillis par France Alzheimer, insistent sur la crainte d’être réduit à des « signaux numériques ». Les proches et aidants ont alors un rôle de garant : rappeler à la personne âgée que l’outil vise à préserver le lien, à rassurer, et pas à « surveiller ».

Le rôle pivot des aidants professionnels et des réseaux locaux

À Sète et dans tout l’Hérault, des réseaux d’aidants se structurent : CCAS, associations d’aidants, filières gérontologiques locales, services d’accompagnement à domicile. Ils proposent souvent :

D’après la Plateforme nationale d’accompagnement et de répit, la sollicitation de ces ressources multiplie par deux les chances d’adoption réelle du dispositif.

Ouverture : mieux reconnaître l’engagement des aidants face à la transition numérique

Les chiffres sont là : le succès d’une solution connectée tient beaucoup moins à sa « puissance innovante » qu’à la qualité de l’entourage impliqué. Les proches et aidants endossent chaque jour le rôle de traducteur, de facilitateur et de médiateur entre deux mondes : celui du “prendre soin” et celui du “numérique”. Mieux former, mieux accompagner, mieux valoriser ces interventions est une priorité. Car le progrès ne se mesure pas au nombre d’objets connectés, mais bien à la capacité à les faire aimer et accepter par celles et ceux à qui ils sont destinés.

Pour aller plus loin, des ressources locales existent : les équipes du CCAS, les associations de l’Hérault, des permanences numériques en mairie… N’hésitez pas à les solliciter : ils sont là pour soutenir chaque étape de ce parcours, pour que la technologie soit vraiment un outil au service du lien, de la sécurité et de l’épanouissement.