Les obligations essentielles du tuteur : panorama précis
1. Prendre soin de la personne protégée au quotidien
Le tuteur veille à la personne dans tous les aspects de la vie courante. Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas seulement de gérer de l’argent.
- Assurer la protection physique et morale : Choix du lieu de vie, veille à la sécurité, suivi médical, respect des besoins personnels.
- Garder des liens humains : Maintien du contact familial et social chaque fois que possible, respect des habitudes de vie.
La Charte des droits et libertés de la personne majeure protégée (Arrêté du 23 décembre 2009) rappelle que la liberté, la dignité et les liens sociaux doivent primer dans la vie quotidienne.
2. Gérer les biens de la personne protégée avec rigueur
Gestion budgétaire, paiement des factures, renouvellement d’assurances, et préservation du patrimoine relèvent de la responsabilité du tuteur. Mais la gestion s’opère dans un cadre bien défini :
- Établissement d’un inventaire complet : Dans les trois mois suivant la mise en place de la tutelle, le tuteur doit dresser un inventaire précis des biens (immobiliers, mobiliers, comptes, assurances-vie, etc.), en présence d’un commissaire-priseur ou d’un notaire lorsqu’il y a des biens importants.
- Bilan annuel de gestion : À la fin de chaque année, un compte-rendu détaillé de gestion doit être remis au greffe du tribunal. Le tuteur doit justifier chaque acte (extraits bancaires, factures…).
- Obligation de préservation du patrimoine : Sauf autorisation expresse du juge, les actes qui diminueraient le patrimoine (ventes, donations) sont interdits.
À savoir : Selon la Caisse des Dépôts, le patrimoine moyen d’une personne sous protection judiciaire est évalué à moins de 16 000 €, ce qui rend d’autant plus crucial la bonne gestion des fonds restants.
3. Respecter la personne protégée et ses choix
La dimension humaine et respectueuse de la tutelle est centrale. La loi n’autorise pas le tuteur à agir sans tenir compte de la volonté et des souhaits du protégé. L’article 459 du Code civil souligne que la personne protégée « prend seule les décisions relatives à sa personne dans la mesure où son état le permet ».
- Association à la prise de décision : Le tuteur doit consulter la personne protégée pour chaque décision importante concernant sa vie quotidienne et son patrimoine.
- Droit au respect de la vie privée : Le secret médical et la confidentialité sont assurés, même sous tutelle.
En pratique, cela signifie que le tuteur ne peut changer le mode de vie, le lieu de vie ou vendre le logement principal de la personne contre son gré, sans décision judiciaire motivée.
4. Informer les membres de la famille et tenir le juge informé
La transparence fait partie intégrante des devoirs du tuteur, qui doit communiquer autant que possible avec la famille proche et tenir le juge informé des faits importants.
- Informer la famille des grandes mesures concernant la vie ou les biens du protégé, sauf exception motivée.
- Informer immédiatement le juge des tutelles de tout événement grave (hospitalisation longue, décès…).
- Demander systématiquement l’autorisation du juge pour les actes les plus engageants (vente immobilière, emprunt, placement financier risqué, donation…).